Reine des prés
Filipendula ulmaria
Filipendule ulmaire, spirée ulmaire, barbe de bouc, fleur des abeilles (Rosaceae)
Aperçu du contenu
Utilisation en médecine naturelle
Ses fleurs, feuilles et racines sont utilisées depuis la nuit des temps pour traiter de nombreux troubles. Le prêtre herboriste Johann Künzle écrivit à propos de la reine-des-prés : « En médecine naturelle, la barbe de bouc était connue de longue date pour ses propriétés diurétiques et sudorifiques. Dans les temps récents, on a en outre découvert ses vertus curatives particulières contre toutes les affections rhumatismales, si bien que la barbe de bouc est aujourd’hui considérée comme l’une des plantes médicinales les plus nobles » (Künzle, 1947, S. 497).
En médecine naturelle, la reine-des-prés est un remède apprécié contre les maux de tête et les migraines. Elle contient des composés d’acide salicylique qui ont une action similaire à celle de l’acide acétylsalicylique synthétique se trouvant dans l’aspirine. Le nom aspirine est d’ailleurs tiré de l’ancienne appellation latine de la reine-des-prés, Spiraea ulmaria. Cette plante est également appréciée pour ses effets analgésiques, antipyrétiques et anti-inflammatoires, c’est pourquoi elle est préconisée en cas de refroidissement, de grippe ainsi que de douleurs musculaires et articulaires. La reine-des-prés est généralement utilisée sous forme de tisane ou de teinture.
En usage externe, la reine-des-prés peut être employée sous forme de pommades ou de cataplasmes en cas de problèmes de peau comme l’eczéma, les éruptions cutanées et les inflammations légères.
Attention
Les femmes enceintes et les personnes présentant une hypersensibilité aux salicylates doivent utiliser le produit avec prudence. En outre, la plante contient un glycoside à faible toxicité qui peut provoquer des maux de tête à forte dose. On soupçonne les salicylés contenus dans la plante d’avoir un effet anticoagulant. Il convient donc d’éviter de prendre la reine-des-prés avant une intervention chirurgicale.
- Pour toute question sur l’usage de cette plante, veuillez consulter un naturopathe ou un droguiste bien établi.
Utilisation en cuisine
Les fleurs de reine-des-prés sont un ingrédient apprécié en cuisine. Avec leur arôme de miel et d’amande, elles interviennent dans de multiples préparations.
Conservées dans des liquides tels que le cidre doux ou le lait, ces fleurs très délicates déploient tout leur arôme. Il suffit pour cela de laisser tremper des fleurs de reine-des-prés fraîchement cueillies dans la boisson pendant environ une heure. Il faut alors remuer plusieurs fois, puis presser et retirer les fleurs. Les boissons alcoolisées telles que la bière, l’hydromel et le vin peuvent également être agrémentées de reine-des-prés.
La fabrication de sirops aromatiques est également recommandée. La reine-des-prés est idéale pour sucrer les boissons les plus diverses. C’est en outre un ingrédient savoureux pour les desserts.
La reine-des-prés est souvent utilisée dans la cuisine française. Comme son nom l’indique, elle pousse en général dans les prés et les prairies. Ses fleurs peuvent agrémenter yogourts, glaces, sorbets et divers mets aux fruits.
En petites quantités, ses jeunes feuilles tendres conviennent aussi pour la préparation de soupes, de plats à base de légumes ou apportent une note savoureuse aux smoothies ou aux sauces à salade.
Bon à savoir
Cette plante appartenant à la famille des rosacées a des fleurs odorantes de couleur blanc crème. Originaire de grandes parties de l’Europe, de l’Asie du Nord et de l’Asie centrale, elle s’acclimate dans les prairies humides ainsi que sur les rives des ruisseaux et des rivières. En Suisse, la reine-des-prés pousse jusqu’à 1800 mètres d’altitude.
L’origine du nom allemand « Mädesüss » est encore incertaine. Autrefois, les gens l’utilisaient pour sucrer l’hydromel, boisson fermentée à base d’eau et de miel. Les fleurs lui donnaient une saveur délicate et douce, conférant à la boisson une note sucrée très spécifique.
Le nom anglais « meadowsweet » indique que la plante se trouve à l’état sauvage dans les prairies et qu’elle a un goût sucré, « meadow » signifiant « pré » et « sweet » « sucré ». Après la fauche, la plante dégageait en effet son parfum sucré caractéristique, d’où aussi le nom allemand de « Wiesensüss ».
La sécheresse rend la reine-des-prés plus sensible aux parasites et aux maladies telles que l’oïdium. Pour cultiver la reine-des-prés dans son jardin, il faut veiller à ce que le sol soit toujours suffisamment humide pour favoriser sa croissance et sa résistance.
La reine-des-prés est une plante vivace, à savoir une plante herbacée qui disparaît de la surface du sol l’hiver et repousse au printemps. La plante se développe à partir de feuilles disposées en rosette au sol et atteint 50 à 250 centimètres de hauteur. Ses feuilles pennées sont disposées en alternance sur la tige. Elles présentent généralement un pétiole rougeâtre, une foliole terminale avec trois à cinq lobes et de petites folioles secondaires sur le pétiole. Les bords des feuilles sont doublement dentés ou dentelés.
Bibliographie :
Künzle, J. (1947). Das Grosse Kräuterheilbuch. Olten: Otto Walter AG.
Über die Autoren